Description
La ville de Nouméa dévoile, à la Maison Higginson, une exposition exceptionnelle et inédite : plus de 300 coquillages gravés par des condamnés aux travaux forcés au bagne de Nouvelle-Calédonie entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle.
Ces pièces historiques uniques témoignent de la vie, des échanges et de la circulation des images en milieu carcéral. À travers elles, un hommage est rendu à leurs auteurs, pour la plupart anonymes, longtemps méprisés ou ignorés. Parmi les œuvres présentées, celles conservées par la ville de Nouméa constituent la plus grande collection publique au monde consacrée à l'art du bagne calédonien. L'exposition présentera la collection Serge Kakou (acquise en 2003), la collection Mireille Ardimanni (acquise en 2022), et des prêts d'exception issus de collections privées locales, du MUZ et de la province Sud.
UN PATRIMOINE INÉDIT RÉVÉLÉ
Spécifique au territoire calédonien par l’usage massif de la nacre (nautiles, trocas, huîtres
perlières), cet ensemble de coquillages gravés n’avait jusqu’alors jamais fait l’objet d’une
exposition d’une telle envergure ni d’une publication dédiée.
Ces objets relèvent de la « camelote » du bagne : une économie de la débrouille interne au
système pénitentiaire colonial. Réalisés avec des moyens rudimentaires, ces souvenirs
étaient vendus ou échangés par les bagnards pour améliorer leur quotidien. Ils constituent
aujourd'hui des documents historiques majeurs sur la vie, les échanges et la circulation des
images en milieu carcéral.
UN ENSEMBLE UNIQUE AU MONDE
Vendus comme souvenirs, ces objets ont quitté la Nouvelle-Calédonie, ce qui explique leur
rareté aujourd’hui dans les collections publiques.
Grâce à une politique d'acquisition active, la ville de Nouméa conserve aujourd’hui la plus
grande collection publique au monde consacrée à l’art du bagne calédonien.
L’exposition présentera :
● La collection Serge Kakou, acquise en 2003 : objets voyageurs (coquillages, noix
de coco, ébénisterie).
● La collection Mireille Ardimanni, acquise en 2022 : un ensemble de pintadines,
turbos et nautiles réunis sur 30 ans depuis les premiers coquillages acquis par son
père, M. Vialatel.
● Des prêts d’exception issus des collections privées locales, du MUZ (Musée de
la Nouvelle-Calédonie) et de la province Sud.
L’EXPOSITION EN QUELQUES CHIFFRES
● plus de 300 coquillages présentés dans l’exposition ;
● 30 graveurs sur nacre identifiés, dont neuf sont présentés dans l’exposition de
manière détaillée ;
● 21 460 condamnés aux travaux forcés transportés en Nouvelle-Calédonie entre
1864 et 1897, auxquels s'ajoutent les condamnés dans la colonie jusqu'en 1931 ;
● Environ un millier de coquillages forme le corpus étudié dans le cadre de l’étude à
l’origine de l’exposition ;
DIRECTION SCIENTIFIQUE ET COMMISSARIAT
Porté par la ville de Nouméa, ce projet est dirigé par Louis Lagarde, maître de conférences
HDR en histoire et archéologie de l’Océanie à l’Université de la Nouvelle-Calédonie.
Co-commissaire de l’exposition et auteur de l'ouvrage de référence, Louis Lagarde s’appuie
sur plus de vingt-cinq ans de recherches.
Son travail a permis d’analyser un corpus de plus de mille objets et d'identifier les auteurs de
ces œuvres, dont certains signaient leurs pièces.
